La documenta, musée quinquennal et éphémère, avait à sa création en 1955 pour double but de réconcilier le public allemand avec l’art contemporain et son histoire. Elle a toujours mis sur le devant de scène des artistes émergents, de ceux qui seront confirmés demain. Le curateur peut choisir une thématique et on n’échappe évidemment pas au message politique. Art, esthétique, engagement, tout se mêle lors de cette « odyssée de l’art », expression justifiée par la documenta conjointe avec Athènes cette année. La mouvance, la migration, les liens Sud-Nord ont inspiré bon nombre d’installations et c’est aussi le parcours du visiteur qui découvre une multitude d’oeuvres sur tous les supports possibles dans tous les environnements imaginables, du plus traditionnel tableau accroché dans une salle de musée lumineuse aux toiles de tentes racontant une pérégrination Athènes-Kassel dans une sombre gare désaffectée, des installations vidéo, architecturales ou sonores souvent en pleine nature à l’évanescence d’une vapeur blanche s’échappant d’une tour. Tout est prétexte à manifeste artistique, même l’enseigne du prestigieux Museum Fridericianum s’est transformée en slogan: « Being safe is scary ». Ce serait un bon sujet de dissertation. Lire la suite









Quand on a eu l’un des plus beaux festivals du monde comme jardin de sa jeunesse, qu’on a vu passer les plus grandes stars dans sa rue, qu’on a pu voir parfois les mêmes groupes mythiques à vingt ans d’intervalle, que reste-t-il encore comme émerveillement possible ? Parfois une soirée qui sort de l’ordinaire et qui conjugue énergie, fun, nostalgie et pop attitude atemporelle.
Je crois que c’est la première fois que j’ai acheté un livre le jour de sa sortie. J’avais déjà entendu le nom d’Antoine Jaquier, auteur de Ils sont tous morts et Avec les chiens. Si les thématiques de l’enfer de la drogue et de la psychologie d’un criminel ne m’avaient pas tentée, j’ai bondi sur celle annoncée par le titre Légère et court-vêtue : comment vivre de façon insouciante dans un monde qui va mal, à la fois au niveau global et au niveau intime.
On savait que Nicolas Bedos était beau. Qu’il agaçait parfois. Mais il est surtout une incarnation du surdoué, capable de sentir et de syncrétiser en un film plusieurs décennies de la vie d’un couple et d’une époque, d’un couple dans ses époques, en y intégrant les visions multiples de l’écrivain ambitieux, de l’artiste maudit, de l’homme génial et ravagé, de l’homme à travers tous ses états, fils, amant, mari, père. Et de la femme.
Etant depuis quelques mois dans un certain élan qui me pousse à écrire (il semble en effet que « l’inspiration » ne soit pas quelque chose dont on décide entièrement tout seul), j’ai aussi fait écrire les autres dans un espèce d’échange circulaire d’idées et d’énergie. Les autres, ce sont mes élèves de français, quarante-cinq au total, de 15-16 ans, parfois plus. Et comme toujours quand on se lance dans une nouvelle expérience pédagogique, on n’a jamais aucune garantie de résultat. Pourtant celle-ci a dépassé mes espérances.
De retour de la dernière à Genève, je retiendrai trois choses de la mise en scène du spectacle
C’est une enseignante qui a créé cette application: tous les jours, vous recevez sur votre smartphone un extrait de texte d’un auteur entré dans le domaine public. Redécouvrez vos classiques, ils y sont tous, du Moyen-Âge au vingtième siècle. Sade, Sand, Maupassant, Musset, Baudelaire, Apollinaire… Ces textes ont l’érotisme en commun. Il y a trois « niveaux »: romantique, érotique, averti. Relire certains auteurs dont on n’avait pas toujours perçu l’exaltation du sentiment amoureux ou l’étendue des sous-entendus est jouissif. Parfois, c’est grivois et c’est rigolo.
Je l’avais annoncé, c’est fait, je suis publiée. A Paris. Quand même. Pour la petite Montreusienne nouée à son Lac que je suis. Peut-être que cette aventure – parce que l’écriture en est une au même titre que celle qui est racontée – restera unique. Ou pas. Mais ce qui est sûr, c’est que j’ai écrit quelque chose qui a pris son envol et vit maintenant en dehors de moi. Je pourrais avoir des lecteurs. Ou pas. Qui jugeront mon texte. Ou moi. Ou pas.
En deux jours, j’ai connu trois défaites: je n’ai pas été élue Miss Pink, ma lettre d’amour n’a pas été primée et ma deuxième nouvelle érotique n’a pas été retenue cette fois-ci. J’ai été rappelée à ce que ça fait de ne pas gagner, avec le léger sentiment de honte et la confiance en soi qui part en chute libre.
Le deuxième volet de la trilogie Cinquante Nuances de Grey est au cinéma, associé à la Saint-Valentin comme il y a deux ans. Si l’on veut évoquer la littérature érotique, on ne peut passer à côté de ce monstre de l’édition, ce bestseller commencé comme une fanfiction de Twilight, bluette pour ados mettant déjà en scène une jeune fille et un garçon-vampire forcément différent, maudit, qu’elle seule pourra comprendre et aimer. Le fantasme de Fifty Shades est le même. Si dans le premier opus, il s’agissait d’introduire un univers, celui du BDSM, avec ses codes et son décorum présentés finalement d’une façon plus théâtrale que subversive, il ne devient plus qu’accessoires de luxe (lingerie haute couture, liens en cuir, barres en or et velours rouge) dans la suite. Le contrat dominant-soumise rompu, Anastasia peut s’émanciper. Ou pas.