Stallone

Le cheminement vers le choix d’un texte a un agenda qui lui est propre. Désignée, suggérée ou fruit de réminiscences apparaissant sous forme de hasard, la lecture qu’on ne pensait jamais découvrir recèle parfois des gemmes.

« Stallone » de Emmanuèle Bernheim raconte l’influence que peut avoir la magie de la fiction sur un destin. Lise voit Rocky III et cette histoire de comeback euphorisant la décide à l’action et à atteindre sa pleine puissance en tant qu’être humain. Elle y réussit, au sens ou on entend « réussir sa vie ». Son monde intérieur restera cependant opaque à son entourage.

Contrairement à ce que dit la 4ème de couverture, ce n’est ni « une histoire folle », ni celle d’une « obsession ». J’ai aimé ce récit simple d’une femme qui trouve son inspiration et la conserve comme jardin secret et moteur caché. Il incite à traverser la Ville à grandes enjambées conquérantes, au son de Eye of the Tiger.

Publications 2020

Osez 20 Histoires, éditions La Musardine

« Trouble transe » , ma quatrième nouvelle publiée aux éditions La Musardine, s’inscrit dans un monde pré-covid de grandes manifestions, de soirées et de fêtes improbables. Je ne suis pas la seule à évoquer un personnage à la chevelure rousse dans ce recueil, qui, selon le choix éditorial en vigueur, met en exergue des écritures et des sensibilités variées. La couverture très stylisée semble suggérer ces potentialités fantasmatiques…

Disponible en librairie en ligne

Prix de la Nouvelle érotique, éditions Au Diable Vauvert

Avec les aléas de 2020, les délibérations et l’annonce des résultats avaient pris du retard. Surprise d’autant plus grande, lorsque ma nouvelle « Je reviens toujours » a été annoncée parmi les quatre meilleures du « Prix de la Nouvelle érotique »  (233 participants). Pour ma troisième participation à ce concours sous contrainte et de nuit, c’est une satisfaction d’avoir été reconnue par un jury prestigieux. Françoise Rey, dont le livre La Femme de papier constitue un objet culte, a-t-elle été sensible à l’interpellation directe de mon personnage au sien dans un « comme vous » glissé entre virgules ? L’idée me plait.

Félicitations à Daredjane, lauréate avec sa nouvelle «La Veuve noire », également titre du recueil collectif de cette édition.

Article dans Actualitté

Rageusement, nouvelle

IMG_8798« L’inspiration! Si je crois à l’inspiration? Mais bien sûr! Je crois que tous les hommes sont inspirés. Ça s’appelle intuition. Ça s’appelle tentation. Ça dépend de la personne qui inspire ». Vincent La Soudière

Le temps de confinement est aussi un temps d’expérimentation, de liberté sous contrainte imposée par la vie. Sur cette vidéo YouTube, je lis ma nouvelle « Rageusement« , précédée d’une introduction de Stéphanie Pahud. Déclenchée par la sensation de reconnaissance émise par l’oeuvre « C’est à la Nuit de briser la nuit » de Vincent La Soudière (1939-1993), notre alliance amicale a donné lieu à une co-création chairissante autour des mots, du corps et des coeurs. Avec les interventions de Dalida et de Cyrano de Bergerac. Lire la suite

Acrostiches de Pascal Houmard

Unknown-1.jpegJ’avais déjà eu le plaisir de chroniquer le premier volume des Enquêtes de Crystal, entretemps Pascal Houmard a sorti le troisième de la série!  Voici pour rappel la présentation générale, puis un avis sur Acrostiches, dernier acte de la trilogie.

Du texte latin au roman policier, les mêmes mécanismes mentaux sont en cause a écrit George Arnaud dans la préface au fameux Meurtre de Roger Ackroyd d’Agatha Christie. Peut-être est-ce ce goût de l’imbrication logique qui a amené mon collègue d’un autre collège à écrire des romans policiers. Avec succès, puisque La Surnommeuse a paru en 2017 aux éditions Mon Village, suivi de L’Affaire Saint-Roch en 2018, et maintenant Acrostiches en 2020. Lire la suite

Karl Lagerfeld, la mise en abyme de soi

Les livres qui nous arrivent entre les mains y sont généralement pour une raison. La biographie « Kaiser Karl », signée Raphaëlle Bacqué, est un cadeau paternel trouvé sous le sapin. Mon ascendance de ce côté est de Hambourg. Comme celle de KL. Il y a là des traits de caractère et une lignée éducative éprouvée. La distanciation d’avec l’Allemagne d’alors, le goût de la provocation, le déni de la faiblesse, cette faute de goût. L’attirance pour le beau, la culture française, la rapidité d’esprit – et le travail érigé en valeur absolue. « Je suis un calviniste attiré par le superficiel ». La capacité d’absorption de Karl Lagerfeld est à la hauteur de la discipline qu’il s’impose. Une explication de la longévité de son succès est de n’avoir jamais sombré dans la nostalgie d’anciens régimes et de gloires datées. « Je javellise mon passé ». Il possède au contraire une furieuse envie toujours renouvelée d’adaptation à l’air du temps. « Le changement est la façon la plus saine de survivre. » Lire la suite

Serendipité

IMG_6098Les lumières des réjouissances de fin d’année s’enchaînent mais n’ont pas toute la même tonalité. Noël a connu son decrescendo, des néons colorés à la gravité sereine des bougies. Par où est passée sa magie ? Elle était là si on voulait la voir. Et l’harmonie ? Elle était là parce qu’on l’a choisie. Et l’amour ? Il s’est manifesté à ceux qui étaient disposés à l’accueillir et à le renvoyer pour mieux le réceptionner. Les absents n’ont pas été oubliés. « La mélancolie n’est que de la ferveur retombée ». Qu’on (y) croie ou pas, des choses arrivent. Parfois, des miracles. Et si la roue tarde à tourner: « Où tu ne peux pas dire: tant mieux, dis: tant pis. Il y a là de grandes promesses de bonheur. » Lire la suite

Là haut

img_6085Les hauteurs enneigées fleurissent sur nos pages avec les Oh que c’est beau ! qui les accompagnent. Sont éludés les files d’attente, les vestes fluo, la frite ketchup et les bouchons du retour. La montagne, ça vous gagne parfois, ça gagne beaucoup, mais il y a toujours quelque chose à gagner à sentir un air plus pur sur sa peau, un éblouissement plus fort dans ses yeux, une netteté de contrastes plus intense entre la terre et le ciel. La foule y accourt, nos amis aussi, nous aussi, émerveillés par la conjonction si attendue de la neige et du soleil et la joie grisante de la vitesse à tout âge. 
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Cinéma: Feel better ou presque

lastchristmas-700x350Tout ne va pas toujours mal. L’arrivée de Noël ravive tous les espoirs, également au cinéma. C’est le temps des Feel good movies. Dans La Belle Epoque, Nicolas Bedos met à la fois tout son amour et son regard critique dans l’histoire d’un homme vieillissant et désaimé dans un monde qu’il ne comprend plus. Son fils lui organise un voyage dans le temps, une recherche du temps et de l’amour perdu. Ce n’est pas de la science-fiction, c’est un jeu d’acteurs bien scénarisé qui le transporte au moment magique de la première rencontre avec celle qui sera la femme de sa vie. Les personnages du film portent l’empreinte du couple parental Bedos et du propre rapport complexe du fils à l’amour et à la création. C’est un film ode à l’amour qui se recrée toujours avec liberté. Lire la suite