Ma nouvelle « Chatoiements » publiée dans « Chairissons-n❤us ! » de Stéphanie Pahud

IMG_1965Pour la reprise de mon blog je suis ravie de pouvoir présenter le dernier ouvrage de Stéphanie Pahud, linguiste réputée, chercheuse rigoureuse et amie prodigieuse. Dans les récents articles et interviews qui lui ont été consacrés, elle explique son intention. Avec l’invention du mot « chairir »  et la création de son objet-livre, elle a voulu explorer « des pistes pour mettre de la bienveillance, de l’attention et du soin des vulnérabilités dans nos quotidiens, mais sans éliminer le corps. » A ses propres réflexions qui explorent le corps comme un langage à parler et à écrire avec ses signifiants et ses signifiés, elle s’est faite passeuse d’images et de mots d’autrui, laissant une place à colorer, à compléter et à transgresser aux écrivains prestigieux Frédéric Beigbeder et David Foenkinos, aux linguistes et sociologues Philippe Liotard, Myriam Moraz-Détraz et Pascal Singy, au docteur en neurosciences cognitives Albert Moukheiber, au journaliste Fred Valet, aux photographes Raphaël Pasquini et Charles Moraz, à la tatoueuse parisienne Sunny Buick, au dessinateur Artgod Father, à l’écrivain(e) Dunia Miralles et… à moi, Nys Vanessa.

Depuis que j’écris et publie des nouvelles érotiques, Stéphanie Pahud fait partie de mon premier cercle de lecteurs et elle m’a toujours encouragée de mots chairissants. Je suis honorée que mon histoire d’amour et de sexe, magnifiquement illustrée par la finesse explicite d’Artgod Father, figure en bonne place dans « Chairissons-nus ! ».

C’est amusant pour moi de lire les différentes parties de l’ouvrage et de retrouver des parentés de mots, d’abréviations et de créations adoptés dans ma nouvelle chez certains co-auteurs et inversément. C’est tout le plaisir de la reconnaissance d’un même langage, d’une sensibilité voisine, même si c’est pour dire le contraire : parler du corps, parler le corps, voilà l’ambition et les possibilités offertes par le livre « Chairissons-nus! ». L’hybridation cohérente de ses pages lui permet d’animer à la fois l’esprit, le cœur et le corps, sans jamais oublier une pensée sous-jacente possible comme Et la tendresse, bordel !, ni tomber dans une mièvrerie complaisante.

Imaginé comme un concept global,  » Chairissons-nus ! » a son logo qui se décline  en produits dérivés : autocollants, T-shirts, préservatifs. Inspiré du Cheshire Cat d’Alice au Pays des Merveilles, ce chat à la fois cute et critique rappelle que dans toute réflexion sur le corps, il y a le miroir. Mais aussi que l’autre côté du miroir n’est jamais loin et qu’il suffit parfois de passer et/ou de le briser pour accéder à de nouvelles libertés.

 

 

Jamie Cullum, l’homme qui jouait debout sur le piano

IMG_7869Jamie Cullum se produisait pour la cinquième fois en quatorze ans au Festival de Jazz de Montreux ce vendredi 13 juillet. J’ai eu la chance de le découvrir sur scène dès 2004 à la sortie de  Twentysomething. Cela a toujours été un moment de grâce. Bondissant sur son piano, utilisant ses touches et ses entrailles, c’était comme s’il communiquait plus de rythme, plus de musique que d’autres. Ce don, il ne l’a pas perdu. Lire la suite

Dans sea, sex and sun, Sexo-Rallye (zénith, ressuscite, petite, dynamite, surexcite, bakélite, s’agite), ma troisième nouvelle publiée à la Musardine

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Il fait chaud. Dans l’idée d’avoir encore plus chaud sous le soleil exactement, la Musardine vient de publier son dernier livre de la série Osez 20 Histoires. « Sea, sex & sun, chantait Gainsbourg à la fin des années 1970 dans une France insouciante et joyeuse. Portées par un vent de liberté qui a traversé les décennies, les notes de cette mélodie populaire imprègnent chaque page de ce nouveau recueil de la collection  » Osez 20 histoires « , dit la présentation de l’éditeur. Lire la suite

Avant sea, sex and sun, La Plage

La_PlageJuste avant la sortie du prochain ouvrage de la Collection Osez 20 Histoires sur le thème de Sea, sex and sun dans lequel moult vacances de rêve et de sensations seront certainement évoquées, voici un petit commentaire sur le film La Plage (2000) avec Leonardo Di Caprio. Malgré quelques faiblesses et longueurs, sa valeur cinématographique me paraît sous-estimée et je n’ai pas honte de le montrer à des jeunes qui interrogent la notion d’eldorado et de meilleur des mondes possibles. Il illustre en effet de façon radicale que l’acharnement à vouloir mettre en pratique un idéal entraîne bien plus souvent une dystopie qu’une utopie. Lire la suite

« Un seul cœur aura battu en nous qu’on entendra encore, nous disparus, dans le mystère du monde. » – La correspondance d’Albert Camus et de Maria Casarès 1944-1959.

IMG_40801266 pages de lettres qui se terminent sur je recommencerai et dont on aimerait tellement poursuivre l’échange, voilà ce que représentent les quinze ans de correspondance entre le grand auteur Albert Camus et la grande tragédienne Maria Casarès. Succès éditorial fascinant, leurs lettres publiées en octobre 2017 et préfacées par Catherine Camus, fille d’Albert (« Leurs lettres font que la terre est plus vaste, l’espace plus lumineux, l’air plus léger, simplement parce qu’ils ont existé »), font rentrer le lecteur par effraction dans une intimité et son expression de haut vol.

S’il existe une œuvre qui répond à la question C’est quoi l’amour ?, c’est sans doute celle-là. Cependant cette masse de lettres n’existerait pas s’ils n’avaient pas vécu de longues séparations, souvent subies à cause de la maladie ou des contraintes domestiques, puis de plus en plus intégrées quasi volontairement à leur histoire. Il part en tournées de conférences ou se retire pour écrire tandis qu’elle développe sa carrière d’actrice et joue les grandes pièces du répertoire sur les scènes du monde entier. En 1957, ils sont au sommet de leur gloire respective, comme si l’énergie circulatoire de leur amour les avait aidés, animés à leur création propre, tout en leur permettant d’être au meilleur de leur être, à la fois ensemble et séparément. Lire la suite

Littérature romande : La Surnommeuse de Pascal Houmard

 

Unknown.jpegDu texte latin au roman policier, les mêmes mécanismes mentaux sont en cause a écrit George Arnaud dans la préface au fameux Meurtre de Roger Ackroyd d’Agatha Christie. Peut-être est-ce ce goût de l’imbrication logique qui a amené mon collègue d’un autre collège à écrire des romans policiers. Avec succès, puisque La Surnommeuse a paru en 2017 aux éditions Mon Village et qu’il sera suivi d’un deuxième volume de la série les Enquêtes de Crystal dans le courant de l’année.

Pour se lancer dans une série policière dont on se souvienne, il faut sans doute créer un enquêteur-star qui la portera de sa personnalité et de sa sagacité particulières. La création du personnage d’Antigona Krestaj est une réussite. Commissaire d’origine kosovare, ayant grandi en Suisse avec des influences culturelles et linguistiques diverses, elle est une héroïne qui parvient à s’imposer dans le monde très masculin de la police criminelle tout en gardant ses interrogations de femme. Le monde intérieur d’Antigona est aussi prépondérant que son enquête. Lire la suite