Rageusement, nouvelle

IMG_8798« L’inspiration! Si je crois à l’inspiration? Mais bien sûr! Je crois que tous les hommes sont inspirés. Ça s’appelle intuition. Ça s’appelle tentation. Ça dépend de la personne qui inspire ». Vincent La Soudière

Le temps de confinement est aussi un temps d’expérimentation, de liberté sous contrainte imposée par la vie. Sur cette vidéo YouTube, je lis ma nouvelle « Rageusement« , précédée d’une introduction de Stéphanie Pahud. Déclenchée par la sensation de reconnaissance émise par l’oeuvre « C’est à la Nuit de briser la nuit » de Vincent La Soudière (1939-1993), notre alliance amicale a donné lieu à une co-création chairissante autour des mots, du corps et des coeurs. Avec les interventions de Dalida et de Cyrano de Bergerac. Lire la suite

Acrostiches de Pascal Houmard

Unknown-1.jpegJ’avais déjà eu le plaisir de chroniquer le premier volume des Enquêtes de Crystal, entretemps Pascal Houmard a sorti le troisième de la série!  Voici pour rappel la présentation générale, puis un avis sur Acrostiches, dernier acte de la trilogie.

Du texte latin au roman policier, les mêmes mécanismes mentaux sont en cause a écrit George Arnaud dans la préface au fameux Meurtre de Roger Ackroyd d’Agatha Christie. Peut-être est-ce ce goût de l’imbrication logique qui a amené mon collègue d’un autre collège à écrire des romans policiers. Avec succès, puisque La Surnommeuse a paru en 2017 aux éditions Mon Village, suivi de L’Affaire Saint-Roch en 2018, et maintenant Acrostiches en 2020. Lire la suite

Karl Lagerfeld, la mise en abyme de soi

Les livres qui nous arrivent entre les mains y sont généralement pour une raison. La biographie « Kaiser Karl », signée Raphaëlle Bacqué, est un cadeau paternel trouvé sous le sapin. Mon ascendance de ce côté est de Hambourg. Comme celle de KL. Il y a là des traits de caractère et une lignée éducative éprouvée. La distanciation d’avec l’Allemagne d’alors, le goût de la provocation, le déni de la faiblesse, cette faute de goût. L’attirance pour le beau, la culture française, la rapidité d’esprit – et le travail érigé en valeur absolue. « Je suis un calviniste attiré par le superficiel ». La capacité d’absorption de Karl Lagerfeld est à la hauteur de la discipline qu’il s’impose. Une explication de la longévité de son succès est de n’avoir jamais sombré dans la nostalgie d’anciens régimes et de gloires datées. « Je javellise mon passé ». Il possède au contraire une furieuse envie toujours renouvelée d’adaptation à l’air du temps. « Le changement est la façon la plus saine de survivre. » Lire la suite

Serendipité

IMG_6098Les lumières des réjouissances de fin d’année s’enchaînent mais n’ont pas toute la même tonalité. Noël a connu son decrescendo, des néons colorés à la gravité sereine des bougies. Par où est passée sa magie ? Elle était là si on voulait la voir. Et l’harmonie ? Elle était là parce qu’on l’a choisie. Et l’amour ? Il s’est manifesté à ceux qui étaient disposés à l’accueillir et à le renvoyer pour mieux le réceptionner. Les absents n’ont pas été oubliés. « La mélancolie n’est que de la ferveur retombée ». Qu’on (y) croie ou pas, des choses arrivent. Parfois, des miracles. Et si la roue tarde à tourner: « Où tu ne peux pas dire: tant mieux, dis: tant pis. Il y a là de grandes promesses de bonheur. » Lire la suite

Là haut

img_6085Les hauteurs enneigées fleurissent sur nos pages avec les Oh que c’est beau ! qui les accompagnent. Sont éludés les files d’attente, les vestes fluo, la frite ketchup et les bouchons du retour. La montagne, ça vous gagne parfois, ça gagne beaucoup, mais il y a toujours quelque chose à gagner à sentir un air plus pur sur sa peau, un éblouissement plus fort dans ses yeux, une netteté de contrastes plus intense entre la terre et le ciel. La foule y accourt, nos amis aussi, nous aussi, émerveillés par la conjonction si attendue de la neige et du soleil et la joie grisante de la vitesse à tout âge. 
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Cinéma: Feel better ou presque

lastchristmas-700x350Tout ne va pas toujours mal. L’arrivée de Noël ravive tous les espoirs, également au cinéma. C’est le temps des Feel good movies. Dans La Belle Epoque, Nicolas Bedos met à la fois tout son amour et son regard critique dans l’histoire d’un homme vieillissant et désaimé dans un monde qu’il ne comprend plus. Son fils lui organise un voyage dans le temps, une recherche du temps et de l’amour perdu. Ce n’est pas de la science-fiction, c’est un jeu d’acteurs bien scénarisé qui le transporte au moment magique de la première rencontre avec celle qui sera la femme de sa vie. Les personnages du film portent l’empreinte du couple parental Bedos et du propre rapport complexe du fils à l’amour et à la création. C’est un film ode à l’amour qui se recrée toujours avec liberté. Lire la suite

Un automne au cinéma qui déborde

283317243006211Après Joker, J’accuse et les Misérables, il fallait accuser le coup et, au-delà du plaisir cathartique et distancié devant une représentation certes réaliste mais plus ou moins fictionnelle, prendre dans la face cette réalité sans pause: le mépris humilie, l’indifférence tue. Il est toujours abasourdissant de lire, de voir, d’entendre à quel point les mêmes schémas de violence trouvent à s’infiltrer dans toutes sortes de milieux, dans toutes sortes de relations. Même conscients de l’inhumanité immanente de l’humanité, pouvons-nous nous en préserver? Et – forcément mordus à plusieurs reprises – pouvons-nous ne pas devenir loup ou serpent à notre tour? Nous sommes tous des Bêtes humaines. Et on fait ce qu’on peut. Avec ça. 

Motherlove, maladie, mort

IMG_4887Rive-Neuve. Quand la guérison n’est plus l’horizon. On y entre et on n’en sort en principe pas vivant. On y entre pour mourir dignement parce qu’il y a la vue panoramique et que les gens sont gentils. C’est ton troisième séjour. Toi, tu résistes. Ou tu es résiliente, c’est selon.

La cuisine y est raffinée. De toute façon, tu ne peux rien manger. Quels fils te tiennent en vie ? Des tubes. Des aiguilles. Des tuyaux. Des sacs. Ta chair se retire, tes organes t’abandonnent. Ta peau a les marques qui nous angoissaient quand on était jeune et qu’on lisait Les Nuits fauves. Ici, ce n’est que jour blanc. Lire la suite