Littérature romande : La Surnommeuse de Pascal Houmard

 

Unknown.jpegDu texte latin au roman policier, les mêmes mécanismes mentaux sont en cause a écrit George Arnaud dans la préface au fameux Meurtre de Roger Ackroyd d’Agatha Christie. Peut-être est-ce ce goût de l’imbrication logique qui a amené mon collègue d’un autre collège à écrire des romans policiers. Avec succès, puisque La Surnommeuse a paru en 2017 aux éditions Mon Village et qu’il sera suivi d’un deuxième volume de la série les Enquêtes de Crystal dans le courant de l’année.

Pour se lancer dans une série policière dont on se souvienne, il faut sans doute créer un enquêteur-star qui la portera de sa personnalité et de sa sagacité particulières. La création du personnage d’Antigona Krestaj est une réussite. Commissaire d’origine kosovare, ayant grandi en Suisse avec des influences culturelles et linguistiques diverses, elle est une héroïne qui parvient à s’imposer dans le monde très masculin de la police criminelle tout en gardant ses interrogations de femme. Le monde intérieur d’Antigona est aussi prépondérant que son enquête. Lire la suite

La tendre folie du cabaret

J’ai assisté récemment, et un peu par hasard, à deux spectacles de cabaret. An evening of Burlesque, grand succès du West End londonien, était présenté en date unique au Théâtre du Léman à Genève où des numéros de danse, de chant, de cirque et de magie se suivaient avec l’accent mis sur l’art de l’effeuillage, voilement-dévoilement par des artifices de plumes, de paravents, de ballons et de cerceaux. Les L’Sheila Sisters, artistes dont la gémellité permet trucages et dédoublements, y étaient fabuleuses. Fabulous est bien le terme qui revient, asséné parfois jusqu’à outrance par la meneuse de revue qui nous force parfois l’enthousiasme.

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Avec la MDC-Company

Rien de tel dans la revue tout en poésie et références douces créée par la MDC-Company de Sabine Gross-Collé pour le Casino Barrière de Montreux. Elle a imaginé Cabaret Folies, l’histoire d’une tenancière de cabaret parisien, ancienne danseuse, qui doit se (dé)battre pour le faire vivre. La découverte d’un tableau de Toulouse-Lautrec permettra-t-il de sauver ce lieu mythique ?

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Montreux-Majorque, ma deuxième nouvelle publiée à la Musardine

L’ouvrage est sorti le 21 septembre 2017 et c’est le deuxième Osez 20 Histoires dans lequel l’une de mes nouvelles a été retenues. Je découvre petit à petit mes co-auteurs qui sont représentatifs de différents styles et sensibilités. Certains revendiquent un style simple et direct, d’autres apportent beaucoup de soin à la mise en place du récit et à sa cohérence narrative. On y trouve des plans à trois presque romantiques alors que d’autres sont carrément sordides. Mais le critère de réussite d’une nouvelle érotique est avant tout performatif: le corps réagit-il ou pas? Voilà l’essentiel.

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Jagdfieber

Les arbres se sont colorés aux teintes de l’automne et la lumière qui règne ces jours sur tous nos paysages les fait étinceler de mille feux. Les mets et les plaisirs suivent les saisons et si on se plie au rituel, autant le faire une fois et bien. Lire la suite

La beauté et la vérité selon Clint

En recherche pour un nouveau sujet d’écriture, mon pygmalion personnel m’a signalé l’existence d’un film de Clint Eastwood pouvant m’éclairer. Il n’était plus sûr du titre, quelque chose avec « jardin » et « secret ». Pensant avoir trouvé avec « Minuit dans le jardin du bien et du mal » (1997), je me suis vite rendu compte que ce n’était pas ce que je cherchais : c’est l’histoire d’un journaliste (John Cusak) invité à Savannah couvrir la somptueuse fête de Noël d’un richissime amateur de beaux objets (Kevin Spacey). Au cours de la soirée, il tue son jeune amant rebelle (Jude Law) et il va s’agir du procès pour rétablir vérité dans un milieu où elle ne veut pas être vue. La nostalgie du Sud, le souci du détail des milieux et des intérieurs bon chic bon genre jusqu’au ridicule, qu’ils soient blancs ou noirs, contrastent avec les exclus et parias en tout genre qui occupent la ville, les parcs, les cimetières, l’espace du dehors. Lire la suite

documenta 14 à Kassel

 

La documenta, musée quinquennal et éphémère, avait à sa création en 1955 pour double but de réconcilier le public allemand avec l’art contemporain et son histoire. Elle a toujours mis sur le devant de scène des artistes émergents, de ceux qui seront confirmés demain. Le curateur peut choisir une thématique et on n’échappe évidemment pas au message politique. Art, esthétique, engagement, tout se mêle lors de cette « odyssée de l’art », expression justifiée par la documenta conjointe avec Athènes cette année. La mouvance, la migration, les liens Sud-Nord ont inspiré bon nombre d’installations et c’est aussi le parcours du visiteur qui découvre une multitude d’oeuvres sur tous les supports possibles dans tous les environnements imaginables, du plus traditionnel tableau accroché dans une salle de musée lumineuse aux toiles de tentes racontant une pérégrination Athènes-Kassel dans une sombre gare désaffectée, des installations vidéo,  architecturales ou sonores souvent en pleine nature à l’évanescence d’une vapeur blanche s’échappant d’une tour. Tout est prétexte à manifeste artistique, même l’enseigne du prestigieux Museum Fridericianum s’est transformée en slogan: « Being safe is scary ». Ce serait un bon sujet de dissertation. Lire la suite