Des hauts, des bas

hqdefaultEn deux jours, j’ai connu trois défaites: je n’ai pas été élue Miss Pink, ma lettre d’amour n’a pas été primée et ma deuxième nouvelle érotique n’a pas été retenue cette fois-ci. J’ai été rappelée à ce que ça fait de ne pas gagner, avec le léger sentiment de honte et la confiance en soi qui part en chute libre.

Mais j’ai reçu ce dont on a besoin dans ces cas-là : mes ami(e)s m’ont témoigné leur compréhension de ma déception, ont câliné mon égo mortifié et m’ont surtout encouragée à ne pas remettre en cause la légitimité et la valeur de mes accomplissements parce que les échecs font grandir, sont vite oubliés et que d’autres opportunités se présenteront. Lire la suite

Fifty Shades darker, les limites du côté obscur

Unknown-1.jpegLe deuxième volet de la trilogie Cinquante Nuances de Grey est au cinéma, associé à la Saint-Valentin comme il y a deux ans. Si l’on veut évoquer la littérature érotique, on ne peut passer à côté de ce monstre de l’édition, ce bestseller commencé comme une fanfiction de Twilight, bluette pour ados mettant déjà en scène une jeune fille et un garçon-vampire forcément différent, maudit, qu’elle seule pourra comprendre et aimer. Le fantasme de Fifty Shades est le même. Si dans le premier opus, il s’agissait d’introduire un univers, celui du BDSM, avec ses codes et son décorum présentés finalement d’une façon plus théâtrale que subversive, il ne devient plus qu’accessoires de luxe (lingerie haute couture, liens en cuir, barres en or et velours rouge) dans la suite. Le contrat dominant-soumise rompu, Anastasia peut s’émanciper. Ou pas. Lire la suite

Intelligences

 

img_5173Dans ce troisième billet inspiré par Jours tranquilles à Clichy, il sera question d’intelligence. Dans sa langue sans détours, Henry Miller oppose les deux filles en termes d’intelligence/bêtise mais on y perçoit aussi l’opposition entre l’élan vital que peut avoir une parole sur rien (elle enrichit la vie) et la stérilité assommante du jargon cultivé qui sape nos force ainsi que la constatation qu’il existe une intelligence du corps. Lire la suite

« Je n’avais qu’à regarder Nys manger… »

img_0145

Ceci est une soupe à la betterave.

Le savoir hydrate et nourrit.

François Rabelais, Gargantua, 1542

Certes. Cela n’empêche pas qu’il faut quand même ingérer quelque chose. Et on peut bien considérer vivre d’amour et d’eau fraîche ou se faire une infusion de chiffres et de lettres plutôt que de calories, on ne peut séparer le corps des fluides qui abreuvent ses mécanismes. Certains ont beau considérer la cuisine comme une perte de temps et l’ingestion de nourriture comme un sujet indigne, nous devenons ce que nous mangeons. Lire la suite

Du nom propre

img_0417Il est vrai que j’ai avec les noms propres un rapport qui m’est énigmatique, qui est de l’ordre de la signifiance, du désir, peut-être même de la jouissance. La psychanalyse s’est beaucoup occupée de ces problèmes et l’on sait très bien que le nom propre est, si je puis dire, une avenue royale du sujet et du désir. 

Roland Barthes, Noms de personne (dans 20 mots-clefs… interview Magazine Littéraire, février 1975)

Lire la suite