
Une étape de plus à mon palmarès de parangon : la prison. Là, on se reconnaît entre durs. Le Russe d’à côté, avec ses tatouages de runes, n’a fait qu’une bouchée du petit Suisse arrêté pour conduite en état d’ébriété. Pas banquier, pas intéressant, pas de chance. Du menu fretin occidental, il en fait son quatre heures. Moi, je vais lui proposer une collab’. Il a le look, le coco, avec sa boule à zéro et sa masse de force et de graisse patiemment forgée de l’intérieur par la vodka. Moi, y a qu’entre vrais mecs que je suis bien. On peut péter, roter, se raconter quelles poules qu’on on a niqué, lesquelles étaient bonnes, lesquelles étaient connes. Mais surtout on se marre. On compare nos bobs, nos zobs, nos zgeg. On fait des concours d’appuis faciaux, je gagne toujours. Faut dire que j’ai été champion de kick boxing. J’en ai massacré pour moins que ça. Je suis léger, je suis fort, je suis le maire d’internet. Sting like a bee tout en ayant la tchatche, y a que moi pour ça. Même dans cette taule, ils ont le respect, les gars. Mes 33 bagnoles, elles sont pas sorties de nulle part.
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« L’inspiration! Si je crois à l’inspiration? Mais bien sûr! Je crois que tous les hommes sont inspirés. Ça s’appelle intuition. Ça s’appelle tentation. Ça dépend de la personne qui inspire ». Vincent La Soudière
Les livres qui nous arrivent entre les mains y sont généralement pour une raison. La biographie « Kaiser Karl », signée Raphaëlle Bacqué, est un cadeau paternel trouvé sous le sapin. Mon ascendance de ce côté est de Hambourg. Comme celle de KL. Il y a là des traits de caractère et une lignée éducative éprouvée. La distanciation d’avec l’Allemagne d’alors, le goût de la provocation, le déni de la faiblesse, cette faute de goût. L’attirance pour le beau, la culture française, la rapidité d’esprit – et le travail érigé en valeur absolue. « Je suis un calviniste attiré par le superficiel ». La capacité d’absorption de Karl Lagerfeld est à la hauteur de la discipline qu’il s’impose. Une explication de la longévité de son succès est de n’avoir jamais sombré dans la nostalgie d’anciens régimes et de gloires datées. « Je javellise mon passé ». Il possède au contraire une furieuse envie toujours renouvelée d’adaptation à l’air du temps. « Le changement est la façon la plus saine de survivre. »
De l’allemand simple.
Du texte latin au roman policier, les mêmes mécanismes mentaux sont en cause a écrit George Arnaud dans la préface au fameux Meurtre de Roger Ackroyd d’Agatha Christie. Peut-être est-ce ce goût de l’imbrication logique qui a amené mon collègue d’un autre collège à écrire des romans policiers. Avec succès, puisque La Surnommeuse a paru en 2017 aux éditions Mon Village et qu’il sera suivi d’un deuxième volume de la série les Enquêtes de Crystal dans le courant de l’année. 