Jamie Cullum, l’homme qui jouait debout sur le piano

IMG_7869Jamie Cullum se produisait pour la cinquième fois en quatorze ans au Festival de Jazz de Montreux ce vendredi 13 juillet. J’ai eu la chance de le découvrir sur scène dès 2004 à la sortie de  Twentysomething. Cela a toujours été un moment de grâce. Bondissant sur son piano, utilisant ses touches et ses entrailles, c’était comme s’il communiquait plus de rythme, plus de musique que d’autres. Ce don, il ne l’a pas perdu.

Ayant visiblement passé par une prise de distance avec son œuvre de jeunesse et son personnage de slutty boy alors qu’il est maintenant jeune père de famille, Jamie Cullum a réuni dans ce concert les différentes facettes qui en font un artiste à la fois serein et encore avide d’expérimentation. Abordant ses premiers succès avec une sorte d’ironie, elle lui a passé lorsqu’il a pu présenter ses dernières compositions qui évoquent la confrontation des rêves de jeunesse à la réalité mais aussi une certaine foi en l’amour (You’re the best thing) et l’humanité (I won’t write off mankind).

Libéré, il a alors alterné, mêlé les paroles et les sons des différentes phases de sa carrière pour faire de plus en plus corps avec le public qui s’est laissé emporter dans un mouvement ascensionnel et envoûtant pour laisser place à une attention presque recueillie pour le mélancolique All that Sea et l’hommage personnel à Claude Nobs.

Très ému par l’accueil montreusien, Jamie Cullum a terminé son show de près de deux heures en lui dédiant I got you under my skin. Quand on parle de faire corps…

Dans ces moments-là, Please don’t stop the music.

(Pour prolonger le plaisir, visionnez la chorégraphie extraordinaire du double champion du monde Stéphane Lambiel)

 

 

 

Dans sea, sex and sun, Sexo-Rallye (zénith, ressuscite, petite, dynamite, surexcite, bakélite, s’agite), ma troisième nouvelle publiée à la Musardine

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Il fait chaud. Dans l’idée d’avoir encore plus chaud sous le soleil exactement, la Musardine vient de publier son dernier livre de la série Osez 20 Histoires. « Sea, sex & sun, chantait Gainsbourg à la fin des années 1970 dans une France insouciante et joyeuse. Portées par un vent de liberté qui a traversé les décennies, les notes de cette mélodie populaire imprègnent chaque page de ce nouveau recueil de la collection  » Osez 20 histoires « , dit la présentation de l’éditeur. Lire la suite

Avant sea, sex and sun, La Plage

La_PlageJuste avant la sortie du prochain ouvrage de la Collection Osez 20 Histoires sur le thème de Sea, sex and sun dans lequel moult vacances de rêve et de sensations seront certainement évoquées, voici un petit commentaire sur le film La Plage (2000) avec Leonardo Di Caprio. Malgré quelques faiblesses et longueurs, sa valeur cinématographique me paraît sous-estimée et je n’ai pas honte de le montrer à des jeunes qui interrogent la notion d’eldorado et de meilleur des mondes possibles. Il illustre en effet de façon radicale que l’acharnement à vouloir mettre en pratique un idéal entraîne bien plus souvent une dystopie qu’une utopie. Lire la suite

« Un seul cœur aura battu en nous qu’on entendra encore, nous disparus, dans le mystère du monde. » – La correspondance d’Albert Camus et de Maria Casarès 1944-1959.

IMG_40801266 pages de lettres qui se terminent sur je recommencerai et dont on aimerait tellement poursuivre l’échange, voilà ce que représentent les quinze ans de correspondance entre le grand auteur Albert Camus et la grande tragédienne Maria Casarès. Succès éditorial fascinant, leurs lettres publiées en octobre 2017 et préfacées par Catherine Camus, fille d’Albert (« Leurs lettres font que la terre est plus vaste, l’espace plus lumineux, l’air plus léger, simplement parce qu’ils ont existé »), font rentrer le lecteur par effraction dans une intimité et son expression de haut vol.

S’il existe une œuvre qui répond à la question C’est quoi l’amour ?, c’est sans doute celle-là. Cependant cette masse de lettres n’existerait pas s’ils n’avaient pas vécu de longues séparations, souvent subies à cause de la maladie ou des contraintes domestiques, puis de plus en plus intégrées quasi volontairement à leur histoire. Il part en tournées de conférences ou se retire pour écrire tandis qu’elle développe sa carrière d’actrice et joue les grandes pièces du répertoire sur les scènes du monde entier. En 1957, ils sont au sommet de leur gloire respective, comme si l’énergie circulatoire de leur amour les avait aidés, animés à leur création propre, tout en leur permettant d’être au meilleur de leur être, à la fois ensemble et séparément. Lire la suite

La tendre folie du cabaret

J’ai assisté récemment, et un peu par hasard, à deux spectacles de cabaret. An evening of Burlesque, grand succès du West End londonien, était présenté en date unique au Théâtre du Léman à Genève où des numéros de danse, de chant, de cirque et de magie se suivaient avec l’accent mis sur l’art de l’effeuillage, voilement-dévoilement par des artifices de plumes, de paravents, de ballons et de cerceaux. Les L’Sheila Sisters, artistes dont la gémellité permet trucages et dédoublements, y étaient fabuleuses. Fabulous est bien le terme qui revient, asséné parfois jusqu’à outrance par la meneuse de revue qui nous force parfois l’enthousiasme.

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Avec la MDC-Company

Rien de tel dans la revue tout en poésie et références douces créée par la MDC-Company de Sabine Gross-Collé pour le Casino Barrière de Montreux. Elle a imaginé Cabaret Folies, l’histoire d’une tenancière de cabaret parisien, ancienne danseuse, qui doit se (dé)battre pour le faire vivre. La découverte d’un tableau de Toulouse-Lautrec permettra-t-il de sauver ce lieu mythique ?

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