
Stéphanie Pahud, linguiste créative, a le don de fédérer des alchimies et d’aller au bout de ses rêves, projets et promesses. La polyvalence de sa curiosité et ses compétences effervescentes ont produit un ouvrage sur les différentes « langues françaises » qui se côtoient, se recoupent, s’entrechoquent au bonheur de ses utilisateurs. Coécrit avec Pascal Singy, « Pas de langue de bois! – nouvelles orthographes, néologismes, parlers identitaires… – le français dans tous ses états et débats » fait la part belle à l’appropriation des codes pour mieux en jouer, à se laisser surprendre par de nouveaux mots sans qu’ils deviennent nouveaux dogmes, à accepter le mouvement émancipatoire de la langue dans sa continuité historique. Parmi les contributions, vous trouverez ma « Lettre à la langue française » écrite en ma qualité d’enseignante de français, ainsi que celle d’un ancien élève, 14 ans à l’époque, que j’ai enjoint à l’exercice quand il était en 10e, et dont le texte a été jugé suffisamment beau, foisonnant et pertinent pour être publié à côté d’écrivains et de spécialistes.
L’éducation à la beauté est la pierre angulaire de laquelle découlent tous les autres aspects d’une école inclusive. La beauté donne du sens. L’aspiration à la beauté donne de l’énergie. C’est le propos de mon deuxième article, publié une première fois dans la série d’été du journal Le Temps où Stéphanie Pahud interrogeait déjà les facettes du beau, leurs revers et leur réversibilité. Regroupés et étoffés, ces textes exposent et interrogent l’humanité des chocs esthétiques. Les normes existent et les vulnérabilités vivent. « Troubles dans le Beau » tente d’appréhender leurs possibilités de fusion et d’éclatement. Le « trouble » est comparable à celui du regard plongeant dans un kaléidoscope au flou en fixation, dont l’apparition suivante et saisissante entraîne des émerveillements inattendus et renouvelés. La joie de jouer, avec la langue, avec la sensation de beauté, est au cœur d’une éducation qui fonctionne pour tous, à tous les niveaux. C’est en cherchant, en tâtonnant, en projetant autour de ces notions qu’on réussit – parfois – à avancer par enjambées de pépites. C’est par confrontation aux plus belles langues, aux plus belles œuvres, et à l’occasion d’en créer de nouvelles, ne serait-ce que la sienne propre, qu’une identité heureuse au sein d’une collectivité peut émerger. L’école inclusive sera exclusive ou ne sera pas.
Pas de langue de bois! – Éditions Favre


Le Kunstmuseum de Bâle a fait peau neuve depuis 2016 et présente désormais sa fabuleuse collection d’art du 20e siècle dans son bâtiment principal qui s’est agrandi d’une annexe épurée destinée à la mise en lumière d’oeuvres contemporaines et d’expositions temporaires.
Rive-Neuve. Quand la guérison n’est plus l’horizon. On y entre et on n’en sort en principe pas vivant. On y entre pour mourir dignement parce qu’il y a la vue panoramique et que les gens sont gentils. C’est ton troisième séjour. Toi, tu résistes. Ou tu es résiliente, c’est selon.
Cheri Cheri Lady, Going through a motion
Pour la reprise de mon blog je suis ravie de pouvoir présenter le dernier ouvrage de Stéphanie Pahud, linguiste réputée, chercheuse rigoureuse et amie prodigieuse. Dans les récents articles et interviews qui lui ont été consacrés, elle explique son intention. Avec l’invention du mot « chairir » et la création de son objet-livre, elle a voulu explorer « des pistes pour mettre de la bienveillance, de l’attention et du soin des vulnérabilités dans nos quotidiens, mais sans éliminer le corps. »
Jamie Cullum se produisait pour la cinquième fois en quatorze ans au Festival de Jazz de Montreux ce vendredi 13 juillet. J’ai eu la chance de le découvrir sur scène dès 2004 à la sortie de Twentysomething. Cela a toujours été un moment de grâce. Bondissant sur son piano, utilisant ses touches et ses entrailles, c’était comme s’il communiquait plus de rythme, plus de musique que d’autres. Ce don, il ne l’a pas perdu. 