« Je n’avais qu’à regarder Nys manger… »

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Ceci est une soupe à la betterave.

Le savoir hydrate et nourrit.

François Rabelais, Gargantua, 1542

Certes. Cela n’empêche pas qu’il faut quand même ingérer quelque chose. Et on peut bien considérer vivre d’amour et d’eau fraîche ou se faire une infusion de chiffres et de lettres plutôt que de calories, on ne peut séparer le corps des fluides qui abreuvent ses mécanismes. Certains ont beau considérer la cuisine comme une perte de temps et l’ingestion de nourriture comme un sujet indigne, nous devenons ce que nous mangeons. C’est un enjeu majeur dans la tentative d’évitement de certains maux imputables au contenu de notre assiette (obésité, diabète, cancer, etc.)  et, avant d’en arriver à ces extrêmes, déjà du simple mal-être digestif avec ses gênes en tout genre. En diminuant, voire en supprimant, le sucre, le lactose, le gluten, la viande, en augmentant les fruits, les légumes, les légumineuses, les oléagineux, on inverse vite la tendance pour une santé accrue et un corps plus léger, plus dynamique, plus beau. Cela semble évident, même si, dans ce domaine comme dans d’autres, certaines évidences sont vite remplacées par de nouvelles.

Les librairies regorgent d’innombrables livres médicaux souvent à faire peur et de livres de cuisine à faire saliver, le web de sites de santé, de conseils alimentaires, de recettes. On peut s’en inspirer et développer sa propre approche alimentaire une fois qu’on a bien compris qu’un régime restrictif à durée limitée ne sert à rien. L’alimentation détermine un mode de vie ou inversement. Il y a à puiser dans toutes les cuisines du monde, chez tous les cuisiniers et blogueurs, dans toutes les variantes de ce qui peut d’une part calmer la sensation de faim sans faire trop de dégâts collatéraux et d’autre part nous plaire, satisfaire les papilles et la gourmandise sans que l’ensemble devienne une obsession et que le seul sujet de conversation soit qu’est ce qu’on mange.

J’ai une collection de livres de cuisine commencée avec Donald Duck’s Kochbuch et son mythique Entenhausener Wursttopf (saucisses, pommes de terre, oignons, ciboulette, crème, ketchup) jusqu’à la série de livres de cuisine végane de Attila Hildmann, véritable égérie du genre en Allemagne en passant par tous les Betty Bossi, papesse fictive de la tradition culinaire suisse. Le véganisme a beaucoup d’atouts et le plaisir de la découverte d’ingrédients et d’associations insoupçonnés élide totalement la possible frustration du « sans » (viande, oeufs, lait, miel,…). Néanmoins, hermétique à un absolutisme dans l’engagement – alimentaire ou pour une autre cause, ce qui m’a peut-être préservée de certains leurres, voire des conséquences dramatiques que peuvent engendrer certaines absurdités marketées comme miraculeuses, je pense ici au régime Dukan -,  je ne réfrènerai pas l’éclectisme de mes posts culinaires. Il me plaît de cuisiner, voilà tout! Et de manger. Cela n’empêche pas de penser.

Soupe à la betterave (recette de Attila Hildmann, Vegan for Youth):

140g oignon rouge, 250g de betterave crue, 400ml de lait de noix de coco, 1 pincée de cannelle, 1/2 cc de curry. Cuire le tout et mixer (j’utilise une machine à soupe Moulinex, mon meilleur investissement en appareils ménagers), ajouter 50ml de jus d’orange frais et un peu de sel. Couleur pourpre assurée!

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Henry Miller, Jours tranquilles à Clichy

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